mercredi 16 janvier 2008

Comment vas-tu?

Bien souvent, je me demandais par où commencer. J’essaie de trouver le début, le début de quoi, je ne le sais même pas. J’essaie juste de raconter une histoire; la mienne. Toute histoire, qu’elle soit bonne ou non doit bien commencer à quelque part. Mais où donc commencer? Mon enfance? Mon adolescence? Mon arrivée à Québec? Mon coming-out? Mais par où donc commencer? Ce n’est pas la première fois que je commence à écrire ce que je me plais d’appeler : « Autobiographie d’un inconnu ». Parce que dans le fond, c’est ce que c’est; la biographie d’un parfait étranger aux yeux des autres. J’apporterai tout de suite ma première correction à votre perception de ce que vous venez à peine de lire. Je suis très loin d’être le genre d’homme sans personnalité et qui passe inaperçu partout où il va. Plusieurs tests de psychométrie et de personnalité disent que je suis quelqu’un de coloré. Plutôt cocasse qu’ils utilisent ce terme; je suis daltonien! Tout pour me mélanger encore plus on dirait! Ceci étant dit, pourquoi je dis de moi que je suis un inconnu, c’est simplement une question de perception. Prenez par exemple Paris Hilton, elle est une parfaite nobody mais qui est quelqu’un de par sa célèbre famille. Donc se retrouve avec la chance de se retrouver devant les projecteurs simplement parce qu’elle est Paris Hilton. Dans la vie tout est une question de perception! Et je me dis que même quelqu’un qui n’est pas sous les feux de rampe mérite de raconter sa vie. Une qui n’a pas été des plus facile, une qui n’a pas été des plus belles; mais une qui a été riche en émotion, en évènement, en réussite, en échec; bref riche de pures cocasseries. Ce que j’aimerais partager avec vous! La question reste toujours la même, par où je commence? Lors de ma dernière rencontre avec mon thérapeute, qui dans le fond n’était que notre deuxième rencontre; il a trouvé « notre » façon de procéder. Nous devions parler de comment c’était passé ma jeunesse afin de trouver le pourquoi je suis quelqu’un qui souffre de troubles anxieux, il s’est vite ravisé en me laissant tout simplement vider mon sac à la simple question : « Comment tu vas? ». C’est exactement à cet instant présent que j’ai même envie de changer le titre de cette petite histoire par tout simplement : « Comment tu vas? ». Donc, je vous emmènerai un peu partout durant ma vie, vous vous promènerai de quand j’étais enfant à la semaine dernière, en passant par mon école secondaire jusqu’à ce que j’ai fais en me couchant hier soir! Je crois que ce sera la façon la plus facile et la plus efficace afin que je réalise enfin un de mes rêves; écrire ma vie! Qui sait, ça pourrait peut-être faire un film un jour! Je me propose de caster Jude Law pour jouer moi! Pas prétentieux du tout le gars, n’est-ce pas? J’ai jamais été reconnu d’ailleurs pour ma modestie! Je ne croirais pas être prétentieux, toutefois je sais très bien qui je suis et ce que je vaux. Donc, pour me l’avoir fait dire à plusieurs reprises, je dégage une certaine confiance en moi qui parfois semble décourager certains qui voudraient m’approcher! N’est-ce pas tout à fait ridicule? J’ai toujours pensé que j’avais l’air juste bête parce que je suis trop gêné pour approcher un gars! Ça c’est vraiment une autre chose qui est tellement mal fait chez-moi. Je ne suis pas gêner de prendre un micro et de dire un paquet de conneries devant 500 personnes, mais d’aller saluer un gars que je trouve séduisant, ça non, je ne suis pas capable! Bon, je me souviens de quelques fois où avec un certain surplus d’alcool, je suis allé dire à quelqu’un, dans un français un peu déformé que ses cheveux matchaient avec ma taie d’oreiller; mais bon, c’était l’alcool qui parlait! Vous avez déjà sûrement remarqué comment je peux commencer un sujet et converger vers d’autres choses, ce que je vous suggère, c’est de vous asseoir confortablement, allez vous verser une bonne coupe de vin et lisez sans trop vous poser de questions! Vous êtes confortable? Votre vin est bon? Parfait, on commence! Fred… comment tu vas?

N’êtes-vous pas complètement exaspéré de vous faire poser toujours cette même question? On se sent obligé de répondre que ça va bien! Quels autres choix avons-nous? Dire la vérité, mentir ou se débarrasser en feignant une réponse évasive? La plupart des gens vous répondront qu’ils vont bien… c’est encore une question de perception! Tout dans la vie est une question de perception! Il faut bien paraître aux yeux des autres, on ne doit pas montrer aux autres que, nous aussi, on a des problèmes de temps à autres. D’autres vont répondre carrément que ça ne va pas, pour deux raisons : la première, simplement dans le but de créer une situation cocasse où l’interlocuteur ne s’attendait pas à ce genre de réponse tellement c’est une habitude pour 90% des gens de répondre que ça va bien. Cette personne qui a répondu non à la question dans le simple but de créer une situation drôle, était-ce vraiment dans ce but là? Ou c’était simplement une perche qu’il ou elle tentait de lancer et qu’à la dernière minutes se sentant incapable de raconter vraiment ce qui le dérange prétexte une blague? D’autres vous répondront un vrai et très franc non et vous saurez en long et en large les tenants et aboutissants des états d’âme de cette personne. Dans le fond, est-ce qu’on voulait vraiment le savoir? Parce que, tout dans la vie n’est que perception, donc, qu’on ne se le cache pas, on avait posé la question simplement dans le but d’être poli! Vous me trouvez cynique dans mes propos? Possible, la vie m’a rendu amer à bien des niveaux; mais pas celui-ci! Craignez-en rien, lorsque ça me tente pas d’avoir les états d’âme de quelqu’un, je ne fais saluer poliment en prenant bien soin d’éviter la question qui tue! Non, ici je ne faisais que faire un petit mind game que j’aime bien! J’adore faire en sorte que les gens se posent des questions sur eux-mêmes, ça évite d’avoir à se les poser à soi!!! Si vous remarquez bien, je me suis posé la question, j’y ai toujours pas répondu! Ces derniers temps, je n’arrive pas à savoir comment je vais. Je n’y arrive tout simplement pas. Je ne suis aucunement désagréable avec personne, je souris à tout ceux dont j’ai envie; donc la plupart des gens que je côtoie. Je ne crois pas avoir l’air abattu. Mais à cette question qui tue, si je réponds que ça va bien, je vous mentirais. Si je vous disais que ça ne va pas, je vous mentirais aussi. Je suis dans un purgatoire en attente de prendre une sortie : la bonne, la mauvais, je ne le sais pas. Tout ce que je sais présentement, c’est que je suis sur une autoroute qui roule très vite et j’ai beau regarder à droite et à gauche parfois je pense apercevoir ce qui ressemble à une sortie, je mets mon clignotant pour signaler mon changement de voie pour la prendre; première chose que je me rends compte, qu’elle n’est plus là. C’était un mirage? Je suis un mauvais conducteur et je n’ai pas su la prendre à temps? Je ne sais pas trop, tout ce que je sais, c’est que je suis encore sur cette autoroute interminable. Une chance le paysage est agréable la plupart du temps! Mais calvaire que je suis fatigué de rouler. C’est quand même assez paradoxal que je compare ma vie à une route où je conduis; dans la réalité, je ne conduis pratiquement jamais! Je déteste conduire! Peut-être qu’inconsciemment, ça fait longtemps que je fais cette analogie là et mon subconscient n’en peu plus de conduire, donc mon cerveau ne veut surtout pas le faire pour de vrai! Alors à la question : « Fred, comment tu vas? », la seule réponse que j’arrive à vous faire honnêtement, c’est je ne le sais pas! La partie de moi qui est constamment consciente de la perception des gens n’a pas envie d’en parler, donc vous répondra que ça va bien. La partie vulnérable de moi, à qui je ne laisse vraiment pas place à vivre voudrait le crier; ce qui fait que la partie rationnelle de moi, celle qui prend le plus gros de la place va tout simplement se contenter d’une, je ne le sais pas. Vous savez, je lève mon chapeau à ceux qui sont capable de faire la démonstration de leur émotions et de les vivres au grand jour et aux yeux de tous; je vous envie! J’admire votre courage d’être capable de démontrer que vous êtes une personne humaine d’abord et avant tout avec vos forces et vos faiblesses. Ce que je déplore de ma personnalité, c’est que je n’arrive pas à me rendre vulnérable aux yeux des autres; je dois être la personne qui se tient debout malgré tout. Je dois être celui qui supporte les autres, je me dois d’être celui sur qui tout le monde peut compter. Le premier psy du bord me posera la question suivante : « Et toi, qui te supportes? ». Tout ce que j’ai comme réponse à ça est ceci : « Je n’ai pas besoin de personne, je suis capable de me supporter tout seul ». Et présentement, je suis rendu dans un engrenage où j’ai été The Rock à tellement de monde, que de commencer à démontrer de la faiblesse, je ne ferais que montrer que dans le fond, je suis juste de l’argile qui a séché solide… mais t’as qu’à lui donner un peu d’eau et l’argile va redevenir molle. Pour mieux me remodeler après vous me direz? Je vous laisse le bénéfice du doute et comme je n’en suis pas encore convaincu, j’essaie d’éviter toutes les averses que je peux tant bien que mal! Faut dire une chose aussi, ce n’est pas toujours facile de communiquer. Il faut d’abord savoir à qui on peut se rendre vulnérable! C’est la première étape. Beaucoup de gens vont se confier à un membre de leur famille, à un ami, à un collègue… Je suis plutôt méfiant quant à me confier à des gens qui se retrouvent sur mon autoroute! Il faut utiliser beaucoup de finesse et savoir utiliser les bons mots pour expliquer nos émotions. De plus en plus, nous vivons dans la globalisation alors beaucoup de gens sentent qu’ils perdent de leur individualisme, alors par instinct de réflexe, si j’exprime un sentiment global de comment je me sens à quelqu’un mon copilote, bien il peut bien prendre cette globalité et se l’approprier et ce qui devait être une simple conversation de comment je vais débouche sur une justification du pourquoi je me sens comme ça. Alors au lieu de me libérer, je me sens coupable d’avoir eu cet état d’esprit! Mon instinct de réflexe? La répression. Mon thérapeute m’a demandé la semaine dernière s’il m’arrivait de pleurer par en dedans. « Régulièrement », lui ai-je répondu avec un air de glace. Je n’arrive pas à pleurer pour vrai. Je n’y arrive tout simplement pas. Détrompez-vous, ça m’arrive quand même de temps à autre. Je dois dire que dans les 5 dernières années, j’ai trop de doigts de mes deux mains pour compter le nombre de fois où j’ai pleuré. C’est un mécanisme automatique, je sens la tristesse monter; plusieurs personne tenteront de ravaler le motton, de regarder en l’air pour éviter que des larmes coulent. Moi, j’ai même pas besoin de forcer; la tristesse redescend d’où elle est arrivé aussi rapidement qu’elle était arrivée au départ! Ceci tout à fait machinalement, j’ai même pas besoin de le forcer. Il y a bien longtemps que j’ai compris d’où ça me vient ce mécanisme d’auto-défense ou devrais-je dire d’autodestruction. Vous voyez, ici je vous ramène à mon enfance. Plus jeune, je pleurais facilement. On m’a souvent dit que je pleurais pour rien; chose que j’ai continué à verbaliser jusqu’à récemment où un ami à moi, qui a étudié en psychologie m’a tout de suite repris en me ramenant à l’ordre que si je pleurais, j’avais une raison. Donc je me devais d’arrêter de verbaliser ça, je dois maintenant dire que je pleurais facilement. Toujours est-il que lorsque j’ouvrais les vannes du barrage étant plus jeune, mes parents, faisant bien malgré eux le gros possible avec un enfant hypersensible et me rappelait régulièrement qu’un gars ça ne pleure pas ou de me raidir et d’arrêter de pleurer « pour rien ». J’aimerais faire une parenthèse ici, en aucun cas je ne ferai le procès de mes parents ou de mon éducation, ni ne douterai une seule minute de leur amour absolument inconditionnel. Malheureusement, des enfants, ce n’est pas comme un DVD que t’achètes chez Future Shop, ça ne vient pas avec le manuel d’utilisation. Alors, ils font bien ce qu’ils peuvent du meilleur de leur connaissance. Mais comment défaire maintenant ce mécanisme automatique? Je ne le sais pas! Je consulte un thérapeute, ce n’est pas pour rien, n’est-ce pas? Aussi, j’ai tellement vu ma mère réprimer ses propres sentiments pour sa famille, mais d’un autre côté, elle était quand même bien capable d’exprimer ses émotions. Je cherche peut-être encore la personne que j’aurais jamais besoin d’être son support moral et qui pourra être le mien! Et vous voyez, de dire quelque chose comme ça me fait sentir coupable pour mes comparses routiers sur mon autoroute qui seraient on ne peut plus volontaire à m’écouter. Que dois-je faire et qui dois-je aller voir quand ceux-ci sont concernés? Rappelez-vous la globalisation versus l’individualisation. Je ne cois pas que je puisse me permettre qu’ils soient mon exutoire. Que faire alors? Pour l’instant, je me refuge encore dans ma répression, seul dans ma chambre, ne voulant pas voir personne et ne rien faire. Juste rester coucher et dormir jusqu’à la prochaine sortie d’autoroute, qui encore une fois, ne vient pas vite. C’est juste plat que des plaies de lit soient si vite arrivées! Et un moment donné, je dois bien retourner aller faire face aux gens et leur dire que je ne sais pas comment je vais si je ne veux pas leur mentir, que je vais bien si je veux couper ça court, mais jamais je ne peux leur dire que ça ne va pas bien! De toute façon, de dire que ça ne va pas bien, je reviens à ma question de départ…. Par où commencer? Mon enfance? Mon adolescence? Mon arrivée à Québec? Mon coming-out? Par où commencer, quelle bonne question!

À suivre…

2 commentaires:

Jeune Homme a dit…

Wow Madge, vous êtes en feu !

Bonne écriture, c'est la meilleure façon de s'exprimer selon moi !

La Prof d'Anglais a dit…

J'aime vous écouter et aussi vous lire...Votre plume fait réflichir...